Commentaire de la Philosophie de la nature, Chapitre 19
le « vaste champ » — pourquoi la physique contient tant de matière
À la raison d’histoire des sciences s’ajoute une raison structurelle, qui explique l’ampleur de cette partie. Si la mécanique est au début et la vie à la fin, alors tout ce qui se trouve entre les deux doit tomber sous le chimisme — au sens large.
Cela recouvre, en termes actuels : la thermodynamique avec la chaleur, les transitions de phase et l’auto-organisation ; l’électricité et le magnétisme avec leurs polarités ; la formation des cristaux avec ses symétries et ses structures ; la chimie au sens restreint ; et les processus géologiques avec leurs cycles.
Et précisément ce domaine était en friche à l’époque de Hegel. La thermodynamique commence dans les années 1850 avec Clausius, le tableau périodique vient en 1869 avec Mendeleïev, l’électrodynamique dans les années 1860 avec Maxwell, la cristallographie en est à ses débuts.
Hegel a néanmoins tenté un ordre, avec les moyens dont il disposait. Le résultat est dépassé — mais la tâche demeure : entre la mécanique et la vie se trouvent des degrés qualitatifs qui s’enchaînent systématiquement. Réordonner ce champ avec la science d’aujourd’hui serait le travail à faire ; la logique donnerait l’orientation, l’empirie le contenu. [KF]